Santé, étiquettes & déchets

Fiche de données de sécurité et pictogrammes : lire les dangers d'une peinture

Santé, étiquettes & déchets · · Publié le 2026-10-27

Flacon brun de laboratoire au bouchon rouge, son étiquette porte un pictogramme de danger en losange rouge
Étiquette d'un flacon de réactif portant un pictogramme de danger du système général harmonisé. Photographie de Mfomich, CC0. Illustration générale.

Un diluant, un décapant, un primaire époxy ou une simple peinture acrylique sont des mélanges chimiques. Leur emballage porte une étiquette de danger normalisée, et leur fabricant doit établir, dans de nombreux cas, une fiche de données de sécurité (FDS). Ces deux documents sont faits pour être lus : ils disent ce que contient le produit de dangereux, comment s'en protéger et quoi faire en cas d'accident.

L'étiquette de danger : le système CLP

Le règlement (CE) n° 1272/2008, dit CLP (classification, étiquetage et emballage), définit les règles européennes de classification des produits chimiques et de leur étiquette. Il applique en Europe le système général harmonisé élaboré au niveau international (SGH). Comme le résume l'INRS, c'est à partir de la classification du produit qu'est définie son étiquette, qui constitue la première information sur ses dangers et sur les précautions à prendre. L'ancien système, avec ses carrés orange, a été abrogé le 1er juin 2015 ; on en croise encore sur de vieux pots au fond des caves.

Une étiquette CLP réunit :

Pour une peinture à l'eau courante, l'étiquette ne porte souvent aucun pictogramme, mais peut mentionner un conservateur susceptible de provoquer une réaction allergique. Un diluant, un white-spirit ou une laque solvantée portent en revanche presque toujours la flamme et des mentions sur les vapeurs ; certains durcisseurs de systèmes bi-composants portent la silhouette endommagée, signe de dangers graves pour la santé comme la sensibilisation respiratoire.

La FDS : seize rubriques dans un ordre fixe

La fiche de données de sécurité est encadrée par l'article 31 et l'annexe II du règlement REACH. Elle est rédigée dans la langue du pays, datée, et comporte seize rubriques numérotées. L'INRS lui consacre une brochure de référence, ED 6483, mise à jour en 2026.

N°RubriqueCe qu'on y cherche sur un chantier
1Identification du produit et du fournisseurUsage prévu, numéro d'appel d'urgence
2Identification des dangersClassification et éléments d'étiquetage
3CompositionSubstances dangereuses et concentrations
4Premiers secoursGestes en cas de contact, d'inhalation, d'ingestion
5Lutte contre l'incendieMoyens d'extinction adaptés
6Dispersion accidentelleQue faire d'un pot renversé
7Manipulation et stockageVentilation, températures, incompatibilités
8Contrôle de l'exposition, protection individuelleGants (matériau), masque (type de filtre), lunettes
9 à 12Propriétés, stabilité, toxicologie, écologiePoint éclair, COV, effets connus
13ÉliminationFilière des restes et des emballages
14 à 16Transport, réglementation, autres informationsRestrictions, date de révision

Selon l'INRS, les rubriques 7 et 8 sont les plus utiles à l'employeur pour évaluer les risques et choisir les protections. Pour un particulier, la rubrique 8 répond aux questions pratiques : quel type de gants (nitrile, butyle…) résiste au solvant, et quel type de filtre de masque est adapté aux vapeurs organiques.

Qui doit fournir la FDS, et à qui ?

Le fournisseur d'une substance ou d'un mélange classé dangereux doit remettre une FDS à ses clients professionnels, au plus tard lors de la première livraison et à chaque mise à jour importante. Pour les produits vendus au grand public, REACH n'oblige pas à fournir la FDS si l'étiquette et l'information jointe permettent une utilisation sûre, sauf si un utilisateur en aval ou un distributeur la demande. En pratique, la plupart des fabricants de peintures publient les FDS de leurs produits sur leur site, et les magasins professionnels les tiennent à disposition. L'employeur, lui, doit les transmettre au médecin du travail et les tenir à la disposition des salariés.

Le règlement CLP prévoit en outre une déclaration des mélanges dangereux auprès des organismes désignés, pour que les centres antipoison disposent de la composition en cas d'intoxication. C'est à ce dispositif que renvoie l'identifiant unique de formule (UFI) imprimé sur certains emballages : à communiquer au centre antipoison en cas d'appel.

Les bons réflexes de lecture

  1. Vérifier la date de la FDS et la correspondance exacte avec le produit (référence, teinte, base) ; une FDS ancienne peut ne plus refléter la formule.
  2. Lire la rubrique 2 pour connaître les dangers, puis la rubrique 8 pour choisir gants, masque et lunettes.
  3. Repérer les incompatibilités de la rubrique 7 : chiffons imbibés d'huile ou de solvant, chaleur, stockage près d'une chaudière.
  4. Garder le numéro d'urgence et l'UFI à portée de main pendant le chantier.
  5. Suivre la rubrique 13 pour les restes, et déposer les pots en déchèterie.

Ces informations se complètent avec deux autres indications, sans rapport avec le danger immédiat : l'étiquette d'émissions A+ à C, qui renseigne sur l'air intérieur après séchage, et, le cas échéant, l'écolabel européen. Les gestes de protection sont détaillés dans notre article sur la façon de peindre en sécurité chez soi.

Sources