Santé, étiquettes & déchets

L'écolabel européen des peintures et vernis : ce qu'il garantit, et ce qui change avec les critères de 2025

Santé, étiquettes & déchets · · Publié le 2026-10-27

Des volontaires repeignent en bleu clair le couloir d'une école, rouleaux à la main
Chantier bénévole de peinture dans une école. Photographie de l'US Navy, domaine public. Illustration générale.

À côté de l'étiquette d'émissions obligatoire, certains pots portent une petite fleur entourée d'étoiles : l'écolabel européen. Contrairement à la lettre A+, ce label est volontaire. Il atteste qu'un produit respecte un cahier des charges public, fixé par la Commission européenne pour toute une famille de produits, et vérifié par un organisme compétent. Pour les peintures et vernis, ces critères viennent d'être entièrement révisés.

Un label volontaire, des critères publics

L'écolabel européen a été créé au début des années 1990 et repose aujourd'hui sur le règlement (CE) n° 66/2010. Son principe est le même pour toutes les catégories de produits, des lessives aux matelas : la Commission européenne adopte, par décision, des critères écologiques pour un groupe de produits, après une étude technique et une consultation des parties intéressées. Un fabricant qui veut apposer la fleur doit démontrer, dossier et essais à l'appui, que son produit respecte chacun de ces critères ; la licence est délivrée par l'organisme compétent de l'État membre (en France, AFNOR Certification).

La présentation officielle du groupe « peintures et vernis » est publiée sur le Green Forum de la Commission européenne, avec la décision en vigueur, les guides d'utilisation et les rapports techniques de la révision. On y lit que les critères garantissent notamment des quantités réduites de substances dangereuses et de composés organiques volatils, et que les produits certifiés sont aussi testés pour leurs performances.

De la décision de 2014 à celle de 2025

La révision élargit le champ du label. Le premier groupe, « peintures et vernis décoratifs et produits apparentés », couvre les peintures, vernis, lasures et primaires d'intérieur et d'extérieur destinés à décorer les bâtiments, en reprenant les sous-catégories de la directive 2004/42/CE sur les COV. Le deuxième vise des « revêtements de performance », et le troisième les peintures en aérosol à base d'eau, qui n'étaient pas couvertes auparavant. Les organismes qui accompagnent les fabricants signalent des exigences renforcées sur les COV et les composés organiques semi-volatils ; les valeurs chiffrées figurent dans les annexes de la décision, que nous n'avons pas reproduites ici. Des modalités de transition s'appliquent aux licences accordées sous les anciens critères : il faut consulter l'organisme compétent pour leur date exacte.

Ce que la fleur garantit, et ce qu'elle ne garantit pas

Le label ne repose pas sur un seul indicateur. D'une révision à l'autre, les critères des peintures ont porté sur plusieurs familles d'exigences :

La fleur ne dit rien, en revanche, des émissions mesurées dans la pièce une fois le produit sec, qui relèvent de l'étiquette française A+ à C, obligatoire et indépendante : un produit peut être écolabellisé et classé A+, ce qui est le cas le plus fréquent, mais les deux informations ne se déduisent pas l'une de l'autre. Notre article sur l'étiquette d'émissions détaille ce classement. Le label ne dispense pas non plus des précautions d'usage décrites dans la fiche de données de sécurité.

Les autres logos que l'on croise

Les pots portent parfois d'autres labels, de nature très différente. Certains sont des écolabels officiels d'autres pays (l'Ange bleu allemand, le Cygne nordique), construits sur le même modèle que la fleur européenne : critères publics, vérification par un tiers. D'autres sont des marques collectives de fabricants ou des certifications privées sur les émissions (EMICODE, par exemple, pour les produits de pose). D'autres encore sont de simples logos commerciaux (« éco », « naturel », « respectueux de l'environnement ») sans cahier des charges public. La seule façon de les distinguer est de vérifier qui délivre le logo, sur quels critères, et si ces critères sont consultables.

Et en fin de vie ?

Les critères de l'écolabel encouragent l'information sur le bon usage des restes, mais un pot écolabellisé reste un déchet de produit chimique : vide, souillé ou avec un fond, il ne va pas dans la poubelle ordinaire. La filière de collecte est expliquée dans notre article sur le dépôt des pots en déchèterie.

Sources