Rénover un logement

Peintures au plomb et CREP : ce qu'il faut savoir dans un logement construit avant 1949

Rénover un logement · · Publié le 2026-10-27

Fenêtre ancienne en bois dont la peinture blanche s'écaille, devant un feuillage vert
Peinture écaillée sur une fenêtre de remise en bois, Lysekil (Suède). Photographie de W.carter, CC0. Illustration générale.

Dans un appartement haussmannien, une maison de bourg ou un immeuble ouvrier d'avant-guerre, les boiseries et les murs portent souvent, sous plusieurs couches récentes, une vieille peinture au plomb. Intacte, elle ne présente guère de risque ; écaillée ou poncée, elle libère des poussières toxiques, surtout pour les jeunes enfants. C'est pour cela que la loi impose un constat de risque d'exposition au plomb, le CREP, à la vente et à la location des logements construits avant 1949.

Pourquoi le plomb des peintures est dangereux

Le ministère de la Transition écologique rappelle que l'intoxication des enfants provient majoritairement des peintures à la céruse, employées dans l'habitat jusqu'en 1949 pour leur résistance à l'humidité et aux moisissures et pour leur longévité, sur le plâtre, le fer et le bois. Souvent recouvertes, elles se dégradent avec le temps, l'humidité (fuites, condensation liée à une mauvaise isolation ou à une aération insuffisante) ou lors de travaux comme le ponçage. Les écailles et poussières sont alors ingérées, en particulier par les jeunes enfants qui jouent au sol et portent les mains à la bouche.

Les enfants de moins de 6 ans et les femmes enceintes sont les plus exposés. Le saturnisme entraîne des troubles de l'acquisition des fonctions cérébrales, des difficultés d'apprentissage, des troubles du comportement et du sommeil, voire un ralentissement de la croissance. Selon le ministère, il reste un problème de santé publique, avec environ 500 nouveaux cas signalés chaque année en France.

Le CREP : ce qu'il mesure

Le constat de risque d'exposition au plomb mesure la concentration en plomb des revêtements intérieurs et extérieurs d'un logement construit avant 1949, et évalue leur état de conservation. D'après Service Public, le diagnostiqueur, qui doit être certifié, recherche le plomb dans les peintures anciennes, le plâtre ou les briques, y compris les revêtements extérieurs comme les volets et les annexes d'usage courant (une buanderie, par exemple). Il précise la méthode d'analyse, consigne les facteurs de dégradation du bâti relevés et joint une notice d'information sur les dangers du plomb. La mesure se fait avec un appareil portable à fluorescence X, qui devra respecter de nouveaux critères de performance au plus tard le 1er avril 2027, selon un arrêté du 3 août 2026.

RésultatDurée de validité pour la venteDurée de validité pour la location
Pas de plomb, ou concentration inférieure à 1 mg/cm²IllimitéeIllimitée
Plomb au-dessus de 1 mg/cm²Moins d'un an à la date de la venteMoins de six ans à la signature du bail

Le coût du CREP est fixé librement par le diagnostiqueur et reste entièrement à la charge du propriétaire vendeur ou bailleur.

Vente, location, copropriété : qui fait quoi

Quand des travaux sont obligatoires

Si le constat révèle des revêtements dégradés contenant du plomb au-delà de 1 mg/cm², le propriétaire doit faire réaliser des travaux (en cas de vente, cette obligation est transférée au nouveau propriétaire ; en location, elle incombe au bailleur) et veiller à la sécurité des occupants, par exemple en empêchant l'accès aux revêtements dégradés. Le ministère décrit ces travaux : recouvrement des revêtements dégradés par des matériaux adaptés, remplacement de certains éléments de construction, élimination ou isolation des peintures au plomb, et suppression des causes de la dégradation, comme une fuite. Lorsque le constat relève certains facteurs de dégradation du bâti ou un risque de saturnisme infantile, le diagnostiqueur en transmet une copie à l'agence régionale de santé, et le préfet peut prescrire des mesures d'urgence en cas de saturnisme signalé chez un mineur ou de risque d'intoxication.

Repeindre sur des peintures au plomb

Le plus souvent, l'enjeu n'est pas d'enlever le plomb mais de ne pas le libérer. Quelques règles s'imposent :

  1. Lire le CREP pour savoir quels éléments (portes, plinthes, fenêtres, murs de l'escalier) contiennent du plomb et dans quel état ils sont.
  2. Éviter les poussières : pas de ponçage à sec, pas de décapage thermique au pistolet ou au chalumeau, qui dégage des fumées de plomb. Préférer le lessivage, l'égrenage humide, le décapage chimique ou le recouvrement.
  3. Recouvrir les surfaces saines par une peinture adaptée, ou les habiller (doublage, coffrage) quand elles sont dégradées.
  4. Protéger et nettoyer : pièce fermée, sol bâché, enfants et femmes enceintes tenus à l'écart, nettoyage humide minutieux à la fin. Pour des surfaces importantes ou dégradées, faire appel à une entreprise formée au risque plomb.

L'humidité est souvent à l'origine de la dégradation de ces vieilles peintures : notre article sur l'humidité et la peinture aide à en identifier la cause. Et si vous préparez un emménagement dans un logement ancien, notre guide pour repeindre un logement avant d'y emménager reprend ces précautions dans l'ordre du chantier. En façade, le plomb peut aussi se trouver sur les volets et les menuiseries : voir notre article sur le ravalement et les couleurs de façade.

Sources